mok.maiyou

Bienvenue sur mon site

L’ ADOLESCENCE

Il n’y a pas si longtemps, l’adolescence n’était pas reconnue par la collectivité. C’était un état individuel, de même que le troisième âge. Dans les cultures occidentales, l’adolescence est devenue phénomène de société. C’est un état à la fois enfantin et sérieux.

420258839.gif  rubon4.jpg   696712323small.jpg

La provocation de la part des adultes est apparue chez les artistes avant et pendant la seconde gue rre mondiale (romantisme, dadaïsme…), revendication contre toutes les institutions de la société (famille, état, église, armée, école…). A partir de 1950, les adolescents reprennent à leur compte toutes ces revendications, tous ces états d’âme. En 1960, émergence de la musique pour les exprimer. En 1970, en plus de la musique, l’opposition au monde adulte s’exprime par la politisation (concerts de soutien ou de protestation, chanteurs engagés politiquement). 1980, accès généralisé aux drogues que l’on partage pendant les concerts ou avant les man ifestations. 1990: le refus des habitudes familiales s’exprimera à travers un comportement différent, par exemple alimentaire (accès au dossier « conduites alimentaires« ). En 2000, la grande incertitude face au chômage, à la difficulté de se loger, ainsi qu’une moindre protection des familles ou de la société des adultes les conduisent à recréer leur monde virtuel autant pour s’isoler de ceux-ci (jeux vidéo, ordinateurs…) que pour se retrouver entre eux (Internet, téléphone portable…). Les adolescents deviennent par ce biais accro de la technique et des médias.

df1301.jpg   1182172663eve2021.jpg 487003492small.jpg  ddjspuzzle.jpg la20petite.jpg

Modifications pubertaires

  • Chez la fille : développement des seins, de l’appareil génital. Prise de poids. Premières règles. En 1940, les premières règles chez les européennes venaient vers 17 ans. Actuellement, l’âge moyen est vers 12 ans et 6 mois, car les conditions de vie sont plus confortables et les adolescents s’affirment plus tôt.

  • Chez le garçon : premières pollutions nocturnes, mue de la voix, pilosité, croissance osseuse et staturale.

  • Chez les deux : re-modelage de l’image du corps, de façon continue (accès au dossier « schema corporel« ). Fixation sur l’aspect corporel extérieur: époque très narcissique. Tendances diverses à l’excès. Très peu d’hygiène. Grande instabilité.

Evolution intellectuelle

Durant les premières années, la pensée du petit enfant était magique (accès au dossier « petite enfance« ). A la période de latence il a acquis une logique concrète (accès au dossier « latence« ). Vers 12 ans, le jeune adolescent va pouvoir raisonner de façon déductive, posant des hypothèses et répondant dans l’abstrait. Cela est désormais possible grâce à la naissance de la pensée formelle, ou « hypotético-déductive ». Ayant acquis cette pensée formelle, il en usera à l’excès. Il n’a pas besoin de l’expérience. C’est la période où on refait le monde, très créative mais sans support dans la réalité. Il a acquis l’intellect adulte.

Comportement social

On distinguera 3 phases.

  • Phase d’opposition : chez la fille, elle survient entre 12 et 13 ans et chez le garçon entre 12 et 15 ans. Elle commence par un effondrement total de tout l’acquis moral et social de la période de latence. C’est un mouvement régressif au cours duquel l’adolescent est imprévisible, avec refus de tout ordre établi, vols, provocations… Il y a à la fois l’incapacité à domestiquer les désirs, et recherche du plaisir dans la transgression de l’interdit. On note aussi un mépris de tout ce qui représente l’ordre. Ceci a pour but une certaine prise de conscience de soi. Période du « Je n’veux pas! ».

  • Phase d’affirmation du Moi : chez la fille entre 13 et 16 ans, et chez le garçon entre 15 et 17 ans. C’est une période de revendication, de « Je veux! », avec demande d’indépendance, de liberté. C’est l’époque du conflit des générations. Il  y a élaboration de systèmes nouveaux et meilleurs pour la société. Période de l’adolescence où on discute beaucoup. Mégalomanie, affabulation, idéalisation. Générosité et égoïsme.

  • Phase d’insertion : chez la fille entre 16 et 18 ans, et chez le garçon entre 18 et 20 ans. L’adolescent s’identifie à l’adulte de façon stable, avec moins d’idéalisation. Il réalise son indépendance affective, et construit son indépendance économique. Il accepte réellement et sans ambivalence de se passer de ses parents. Cette phase d’insertion est facilitée avec l’accès au travail (accès au dossier « travail« ), et à la relation de couple (accès au dossier « couple« ), mais freinée quand la précarité ou le chômage s’installent. Il faut savoir que de plus en plus d’adolescents se retrouvent désormais à la rue, sans domicile fixe et sans travail régulier: c’est un phénomène relativement nouveau, et qui prend de l’ampleur en ce début du 21ème siècle.

Remaniement de la personnalité affective

Vis-à-vis des parents, l’adolescent doit effectuer le « deuil des imago parentales ». Le deuil est un processus qui permet de ne pas finir avec ce qui est mort. Il s’agit ici d’une rupture d’avec l’image que les parents représentent pour l’adolescent. Ce processus se fait en plusieurs étapes. Tout commence avec le retour de ce qui a été refoulé durant la latence, c’est à dire les pulsions infantiles (accès au dossier « pulsions« ). Ce retour est massif et incontrôlable pour l’adolescent, faisant échouer le Moi dans ses tentatives d’équilibre (accès au dossier « ça moi surmoi« ). Il est anxieux, déprimé, dépressif, inhibé. Il fait des actes antisociaux. L’aspect défensif ne réussit pas à retenir l’aspect émotionnel. Le côté oral se traduit par de la boulimie, de l’anorexie, et de l’avidité sur tous les plans (accès au dossier « stade oral« ). Les pulsions anales reviennent à travers l’agressivité, le « non! », modifiant tous ses rapports avec l’ordre, le pouvoir (accès au dossier « stade anal« ). Retour aussi des pulsions phalliques et oedipiennes, se traduisant par une crise d’originalité autant physique que mentale (accès au dossier « stade phallique« ). Réactivation des pulsions oedipiennes vis-à-vis des parents, créant des sentiments de « honte des parents », afin d’éviter la pulsion par une attitude inverse (accès au dossier « Oedipe« ). Critique de ce que sont les parents. Plus il se sent dépendant d’eux, plus il sera agressif vis-à-vis d’eux. Les parents ne peuvent rien pour l’aider car c’est leur présence-même qui crée le conflit.

L’adolescent élabore un roman familial: il existe deux couples de parents, l’un riche, noble, puissant et protecteur, assimilé à des divinités. Ce sont les parents du passé, idéalisés par l’enfant. L’autre couple est humble, commun, soumis aux limites quotidiennes. Ce sont les parents découverts par l’adolescent. Ces 2 couples de parents s’affrontent dans l’imaginaire de l’adolescent. Il brode donc un roman familial dans lequel il retrouvera ses droits et privilèges. Cela révèle le processus régressif vers la relation rassurante des premiers temps de l’enfance et le processus progressif qui permet d’accepter la réalité.

Fantasme de changement de rôle : l’adolescent veut prendre la place d’un de ses parents en usurpant les droits de l’adulte. Il est adulte à la place du père ou de la mère. Il juge ses parents, les conseille, les infantilise. Ceci est une condition pour devenir adulte (accès au dossier « age adulte« ). L’adolescent s’identifie ainsi à des images de parents murs.

Les étapes de la génitalisation :   (ou l’accession à la sexualité adulte)

La relation Objectale va se focaliser sur des Objets successifs qui vont permettre à l’adolescent d’accéder à la sexualité adulte (accès au dossier « relation objectale« ).

  • Phase d’homosexualité de groupe : la bande est constituée d’individus semblables, généralement unisexuée. Il y aura plusieurs types de bandes selon le milieu culturel de l’adolescent. Plus le milieu est favorisé, plus la bande est atypique (sans caractéristiques). Les bandes sociales sont très structurées, et on y rentre difficilement. Les membres ont alors les mêmes idoles, les mêmes costumes. Le but de ces bandes est d’éviter la solitude, de s’identifier par rapport à un modèle, une norme, et de prendre en charge les désirs de l’individu. Chaque membre du groupe y trouve sécurité et revalorisation. Elle permet aussi à l’adolescent d’éviter la confrontation à l’autre sexe.

  • Phase d’homosexualité individuelle : la bande ne suffit plus. L’adolescent va chercher un ami, un confident. Le choix est très narcissique, fait d’idéalisation et d’admiration. On se raconte tout vis-à-vis de la famille, de l’école… Amitiés très passionnées, très brusques, pouvant s’arrêter aussi brusquement. Dans cette phase il peut y avoir expérience homosexuelle véritable et transitoire, comme phénomène d’adaptation faisant le lien entre les parents oedipiens et le choix hétérosexuel. Notons aussi l’existence de rites, de complicités

  • Phase transitoire dépressive : la bande ne suffit pas et même l’ami intime ne peut pas comprendre. L’adolescent est en proie à la mélancolie. La vie est un supplice. Tout est injustice. La perte des parents est trop forte: la bande et les copains ne suffisent pas. Vide métaphysique. Création du journal intime dans lequel il transmet son abandon. C’est un mélange d’égocentrisme aigu et de constant dévouement pour l’humanité. Ce qui va permettre d’en sortir seront les premières manifestations d’hétérosexualité.

  • Phase hétérosexuelle : on se met à avoir une certaine curiosité vis-à-vis de l’autre sexe. On s’épie, on s’auto-observe. L’autre sexe est à la fois dénigré et idéalisé. Cette hétérosexualité est d’abord polygame, avec nombreux flirts. C’est le moment où les bandes se mixent, et c’est le temps des grandes passions, des grandes désillusions. Hémorragie des sentiments. Processus de cour: l’adolescent devient coquet, spirituel. Les flirts se succèdent, avec de grandes périodes de jalousie et d’admiration. Petit à petit, l’hétérosexualité devient monogame, les Objets affectifs deviennent stables jusqu’à la formation du couple. Dés lors l’adolescent peut faire des projets. Il devient capable de faire coïncider l’amour romantique et l’amour sexuel.

L’adolescence est la dernière chance d’aborder les conflits de l’enfance et de les résoudre de manière spontanée. Si ces mêmes conflits survenaient par la suite, ce serait du domaine du pathologique (accès au dossier « pathologie psychiatrique« ). La personne s’y engluerait gravement. D’ailleurs la plupart des pathologies adultes éclosent à l’adolescence. La structure de la personnalité se fait durant les 5 premières années de la vie, mais on peut la remanier à l’adolescence le plus souvent tout seul, c’est à dire avec l’environnement immédiat. Sinon ça s’écroule à l’adolescence et le futur adulte aura besoin de l’aide de la santé publique.

http://maiyou2.unblog.fr/le-cerveau-des-ados-decrypte/


Laisser un commentaire

UN PEU DE TOUT |
la jolie bulle de zaza |
LE BLOG DE GAETAN ....SUITE |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Nous deux et Notre mariage ...
| Titouan
| @mis (es) de l'ITA de ...